La légende de l'Ankou

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La légende de l'Ankou

Message par a-little-bit-dramatic le Mar 4 Jan - 15:56

L'Ankou n'est pas une personnification de la Mort comme peut l'être la Grande Faucheuse, par exemple. Dans l'imaginaire breton, l'Ankou n'est que le serviteur de la Mort (oberour ar maro = l'ouvrier de la mort). Son rôle est de collecter dans sa charette grinçante (Karr an Ankoù, karrigell an Ankoù, karrik an Ankoù) les âmes des défunts récents. Pour effrayer les vivants, il remplit sa charrette de pierres pour la rendre encore plus bruyante.
Son nom vient du vieux-celtique, dans lequel Ankavos signifie la mort. L'Ankou a donc un lien assez important avec cette dernière.
Selon la légende, lorsqu'un vivant entend le bruit de la charrette c'est qu'il ne va pas tarder à mourir. Un cierge qui brûle mal ou s'éteint, des objets qui tombent ou le chant du coq en pleine nuit sont autant de présages qui font prédire aux Bretons que l'Ankou n'est pas loin (ce sont des intersignes envoyés par l'Ankou lui-même). Une autre version veut que ces présages ne concernent pas la personne qui en est temoin mais une personnage de son entourage. On dit également que la personne qui a le malheur d'apercevoir l'Ankou trépasse dans l'année.
*Description
On décrit l'Ankou comme étant tantôt un très grand homme très maigre aux cheveux longs et blancs, la figure dissimulée sous un large feutre, tantôt comme un squelette drapé dans un linceul ou dans un costume de laboureur breton et dont la tête ne cesse de tourner en haut de la colonne vertébrale, ainsi qu'une girouette autour de sa tige de fer, afin qu'il puisse embrasser d'un seul coup d'oeil toute la région qu'il doit parcourir.
Dans l'un et l'autre cas, il tient une faux dans les mains, mais ce n'est pas une faux ordinaire. Cette dernière a le tranchant tourné vers l'extérieur et l'Ankou l'affûte à l'aide d'un os humain. Ainsi, l'Ankou ne la ramène-t-il pas à lui quand il fauche comme peuvent le faire les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé : il la lance en avant pour faucher les âmes.
*Le char de l'Ankou
Le char de l'Ankou est semblable aux charrettes dans lesquelles on transportait les morts autrefois. D'ordinaire, il est attelé à deux chevaux qui se trouvent en flèche. Celui du devant est maigre, émacié, tenant à peine sur ses jambes, l'autre, celui du limon, est gras, a le poil luisant. L'Ankou se tient debout sur sa charrette et il est escorté de deux compagnons qui, eux, cheminent à pied. L'un conduit par la bride le cheval de tête et l'autre a pour mission d'ouvrir les barrières des champs, des cours et les portes des maisons. C'est également lui qui empile dans la charrette les âmes des défunts que l'Ankou a fauchés.

L'Ankou est un être mouvvant, un relais que se passent chaque année les derniers défunts de Décembre : en effet, la légende veut que le dernier mort de l'année deviennent l'Ankou de l'année suivante. Si, une année, l'Ankou est très actif, on dira de lui : "Heman zo eun Anko drouk" ce qui signifie "C'est un Ankou méchant". Néanmoins, l'Ankou n'est pas fondamentalement mauvais et il peut venir en aide aux vivants, par exemple en les prévenant de leur mort pour qu'ils puissent mettre leurs affaires en ordre avant de trépasser, mais il ne faut pas oublier qu'il est un artisan consciencieux dont la présence est généralement néfaste aux vivants.
Graphiquement, il est représenté comme un être sans âge, d'aspect non distinct puisque couvert par une cape, souvent noire, ou d'un linceul. Contrairement aux représentations squelettiques de la Mort, l'Ankou est souvent représenté comme un être de chair, puisqu'il a déjà été homme, un jour. Cependant, les figurations sculptées de l'Ankou dans certaines églises le présentent en squelette aux orbites creuses, armé d'une flèche et d'une faux.
Les Bretons nomment la nuit de Noël la "nuit des Merveilles". Au cours de cette nuit, durant la messe de minuit, l'Ankou a l'habitude de frôler de sa cape tous ceux qui mourront dans l'année suivante.

Voici maintenant une histoire, contée par Françoise Omnès et recueillie par Anatole le Braz dans laquelle l'Ankou et sa légende sont mentionnées :

« C'était un soir, en juin, dans le temps qu'on laisse les chevaux dehors toute la nuit. Un jeune hommede Trézélan était allé conduire les siens aux prés. Comme il s'en revenait en sifflant, dans la clairenuit, car il y avait grande lune, il entendit venir à l'encontre de lui, par le chemin, une charrette dontl'essieu mal graissé faisait: Wik ! wik ! Il ne douta pas que ce fût karriguel ann Ankou (la charrettede la mort).
- A la bonne heure, se dit-il, je vais donc voir enfin de mes propres yeux cette charrette
dont on parle tant ! Et il escalada le fossé où il se cacha dans une touffe de noisetiers. De là, il
pouvait voir sans être vu. La charrette approchait. Elle était traînée par trois chevaux blancs attelésen flèche. Deux hommes l'accompagnaient, tous deux vêtus de noir et coiffés de feutres aux largesbords. L'un d'eux conduisait par la bride le cheval de tête, l'autre se tenait debout l'avant du char.Comme le char arrivait en face de la touffe de noisetiers où se dissimulait le jeune homme, l'essieuut un craquement sec.
- Arrête ! dit l'homme de la voiture à celui qui menait les chevaux.
Celui-cicria: Ho ! et tout l'équipage fit halte. - La cheville de l'essieu vient de casser, reprit l'Ankou. Vacouper de quoi en faire une neuve à la touffe de noisetier que voici.
- Je suis perdu ! pensa le jeunehomme qui déplorait bien fort en ce moment son indiscrète curiosité.
Il n'en fut cependant pas punisur-le-champ. Le charretier coupa une branche, la tailla, l'introduisit dans l'essieu, et, cela fait, leschevaux se remirent en marche. le jeune homme put rentrer chez lui sain et sauf, mais, vers le matin,une fièvre inconnue le prit, et le jour suivant, on l'enterrait. »






Ankou, dans La Roche-Maurice, Finistère
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Juliette Capulet

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