Saint-Denis, la nécropole des rois de France (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis)

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Saint-Denis, la nécropole des rois de France (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis)

Message par a-little-bit-dramatic le Mar 11 Jan - 19:02


Vue extérieure de la basilique


Saint-Denis, la nécropole des rois de France


La basilique Saint-Denis est une église gothique située à Saint-Denis, dans l'actuel département de la Seine-Saint-Denis. Fondée en tant qu'abbatiale, elle est aussi cathédrale du diocèse de Saint-Denis depuis 1966.
Nécropole des rois de France, la basilique fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862. Le jardin qui l'enserre fait, lui, l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 19 Août 1926.
*Histoire de Saint-Denis à l'époque médiévale Dès le Bas-Empire, un cimetière gallo-romain est attesté sur le site de Saint-Denis et, au IVème siècle, un mausolée fut élevée à l'emplacement du maître-autel actuel. Puis, vers 475 (Vème siècle), sainte Geneviève acheta les terres alentours et y fit construire une église.
L'église est agrandie à deux reprises, sous les Mérovingiens, notamment durant le règne de Dagobert Ier, qui y fit placer vers 630 les corps de saint Denis, le premier évêque de Pais et ceux de ses deux compagnes, le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère.
Peu à peu, l'église fondée par sainte Geneviève devint la nécropole royale que nous connaissons aujourd'hui. En effet, la renommée légendaire de Denis de Paris se développa sous l'influence de l'abbé Suger (proche de Louis VI le Gros et de Louis VII le Jeune), qui en fit un compagnon de saint Paul envoyé en France pour christianiser la ville de Paris. Mais cette nécropole partagea ce privilège avec d'autres lieux sacrés et ce n'est finalement que sous les Robertiens et les Capétiens directs qu'elle obtint ce monopole très rarement remis en cause.
Vers 750, l'élaboration d'un nouveau sanctuaire fut entrepris par Pépin le Bref. Sous le règne de la dynastie carolingienne, une église de plan basilical à trois nefs et transept saillant fut construite. Cette église fut ensuite rénovée au cours des âges et cela, jusqu'au XIVème siècle.
En 1959, lors de fouilles, fut découvert le sarcophage de la reine Arégonde, morte entre 573 et 579, épouse de Clotaire Ier.
Au XIIème siècle, l'abbé Suger, proche collaborateur de la monarchie capétienne entreprend la reconstruction de Saint-Denis. Entre 1135 et 1144, il décide de faire agrandir l'abbatiale en remaniant notamment le narthex d'une façade pour la première fois dotée d'une rose et de trois portails de grandes dimensions. Il modifie également le chœur en lui ajoutant deux chapelles rayonnantes. L'abbaye bénédictine de Saint-Denis est un établissement prestigieux et riche grâce à l'action de Suger, qui en fut l'abbé de 1122 à 1151. Ce dernier souhaite aussi rénover la vieille carolingienne afin de mettre plus en valeur les reliques de saint Denis dans un nouveau chœur et, pour cela, il souhaite une élévation importante et des baies, qui permettraient à la lumière de mieux pénétrer le bâtiment. Pour achever la construction de son église, Suger s'inspire d'un nouveau style, aperçu dans la cathédrale Saint-Étienne de Sens. En 1140, il fait édifier un nouveau massif occidental, en s'inspirant des modèles normands de l'âge roman comme abbatiale Saint-Etienne de Caen. Le 11 Juin 1144, l'abbaye est consacrée, inaugurant le francigenum opus, appelé plus tard "art gothique". Reprenant le principe du déambulatoire à chapelle rayonnante en le doublant, Suger innove en prenant le parti de juxtaposer les chapelles autrefois isolées en les séparant par un simple contrefort. Chacune des chapelles comporte de vastes baies jumelles munies de vitraux qui filtrent la lumière. Le voûtement adopte la technique de la croisée d'ogives, qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers.
Par la suite, l'édifice devint plus important encore. C'est à Saint-Denis que sont abrités les regalia, c'est-à-dire, les instruments du sacre et l'édifice devint nécropole royale et plus seulement dynastique. Considérée comme la principale nécropole de la monarchie française depuis Hugues Capet, ce dernier qui en était abbé laïc, s'appuya souvent sur la puissance de l'abbaye pour conforter son pouvoir qui était parfois vacillant.
Le 22 Août 1291, une bulle du pape Nicolas IV, datée d'Orvieto, confirmant elle-même une bulle de Célestin III, accorde aux religieux de Saint-Denis le privilège de n'être soumis à aucune sanction canonique, émanée de qui que ce fût, hormis de leurs abbés, sans une licence spéciale du souverain pontife (en somme, c'est l'immunité qui est accordée à la basilique).
L'église abritait également l'oriflamme, que les rois de France venaient chercher avant de partir en guerre, lorsqu'ils levaient l'ost ou lorsqu'ils partaient en croisade.
*Histoire de Saint-Denis aux époques modernes et contemporaines
En 1576, durant les Guerres de Religion, les protestants et catholiques s'y livrent une furieuse bataille et, en 1593, c'est à Saint-Denis que le nouveau roi, Henri IV, abjure le protestantisme. Au XVIIème siècle, en 1691, Louis XIV supprime le titre d'abbé de Saint-Denis et, à partir de cette époque, les supérieurs de l'abbaye prennent le titre de grands prieurs. Les revenus de l'abbaye sont confiés au profit de la maison d'éducation de Saint-Cyr.
Sous la Terreur, en 1793, la basilique, en tant que nécropole royale, fut profanée, les tombeaux ouverts et détruits (des gisants furent particulièrement endommagés) pour certains et les dépouilles royales furent jetées à la fosse commune. Une partie du trésor de la basilique fut transformée en monnaie mais Saint-Denis fit ensuite l'objet de plusieurs restaurations. En 1809, le cloître de l'abbaye est cédé à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur, institut fondée par Napoléon Ier pour instruire les filles des officiers supérieurs légionnaires. En 1841, la flèche de la pierre de la tour gauche, qui menace de s'effondrer est abattue et, un peu plus d'un siècle après, en 1966, la basilique est promue cathédrale, lors de la création du diocèse de Saint-Denis.
Aujourd'hui, la basilique, malgré les nombreuses campagnes de restauration qui ont eu lieu aux XIXème et XXème siècle, se dégrade et, pour le moment, aucun plan de sauvetage n'a été mis en place et les fouilles archéologiques sont interrompues depuis 1990. Enfin, le projet d’inscrire la basilique de Saint-Denis et sa nécropole royale au patrimoine mondial de l’UNESCO semble bloqué alors que la basilique est la première église construite dans le style dit gothique du monde.
*La nécropole royale
Pendant douze siècles, de Dagobert Ier à Louis XVIII, de nombreux rois de France, particulièrement les Capétiens, furent inhumés dans la basilique de Saint-Denis. Chaque dynastie dispose d'un caveau particulier. Ainsi, dans le « caveau des Bourbon », les cercueils de chêne chemisés de plomb sont déposés sur des tréteaux, le dernier souverain mort étant exposé sur la marche du caveau.
Pendant la Révolution française et particulièrement sous la Terreur, en 1793, Bertrand Barère de Vieuzac demande à ce que tous les mausolées royaux soient détruits. Les corps sont alors jetés dans deux fosses communes du cimetière jouxtant la basilique, puis recouverts en partie de chaux vive mais Alexandre Lenoir parvient à sauver les statues et les gisants les plus précieux. La basilique est réhabilitée sous Louis XVIII, en 1816 et, le 19 Janvier 1819, le roi fit ramener les restes de ses prédécesseurs, récupérés dans les fosses. Ces restes, non identifiés à cause de la chaux vive, sont ensuite placés dans un ossuaire où est inscrit le nom des rois.
Aujourd'hui, sous l'effet des travaux de construction du RER B, le sanctuaire royal est miné par une série d'infiltrations dont l'action se conjugue à la dissémination des sels de salpêtre et à la pollution moderne.
*Quelques personnalités inhumées à Saint-Denis
-Rois de France
Dagobert Ier (629-639)
Clovis II (635-657)
Pépin le Bref (751-768)
Carloman Ier (768-771)
Charles II le Chauve (843-877)
Louis III (879-882)
Carloman II (879-884)
Eudes (888-898)
Hugues Capet (987-996)
Robert II le Pieux (996-1031)
Henri Ier (1031-1060)
Louis VI le Gros (1108-1137)
Louis VII le Jeune (1137-1180)
Philippe Auguste (1180-1223)
Louis VIII le Lion (1223-1226)
Saint Louis (1226-1270)
Philippe III le Hardi (1270-1285)
Philippe IV le Bel (1285-1314)
Louis X le Hutin (1314-1316)
Jean Ier le Posthume (1316)
Philippe V le Long (1316-1322)
Charles IV le Bel (1322-1328)
Philippe VI de Valois (1328-1350)
Jean II le Bon (1350-1364)
Charles V le Sage (1364-1380)
Charles VI le Fou (1380-1422)
Charles VII le Victorieux (1422-1461)
Charles VIII l'Affable (1483-1498)
Louis XII le Père du peuple (1498-1515)
François Ier (1515-1547)
Henri II (1547-1559)
François II (1559-1560)
Charles IX (1560-1574)
Henri III (1574-1589)
Henri IV le Grand (1589-1610)
Louis XIII le Juste (1610-1643)
Louis XIV le Grand (1643-1715)
Louis XV le Bien-Aimé (1715-1774)
Louis XVI (1774-1792)
Louis XVII
Louis XVIII (1814-1824)
-Reines de France
Arégonde (v. 520-580), épouse de Clotaire Ier
Constance d'Arles (986-1032), épouse de Robert II
Constance de Castille (v.1136-1160), épouse de Louis VII
Blanche de Castille (1188-1252), épouse de Louis VIII
Marguerite de Provence (1221-1295), épouse de Louis IX
Isabelle d'Aragon, épouse de Philippe III le Hardi
Clémence de Hongrie (1290-1328), épouse de Louis X le Hutin
Jeanne d'Évreux (1310-1371), épouse de Charles IV le Bel
Jeanne de Bourgogne (1293-1348), épouse de Philippe VI de Valois
Blanche de Navarre (1330-1398), épouse de Philippe VI de Valois
Jeanne de Bourbon, épouse de Charles V
Isabeau de Bavière (1370-1435), épouse de Charles VI
Marie d'Anjou (1404-1463), épouse de Charles VII
Anne de Bretagne (1477-1514), duchesse de Bretagne, épouse de Charles VIII et 2e épouse de Louis XII
Claude de France, duchesse de Bretagne, 1re épouse de François Ier
Catherine de Médicis (1519-1589), épouse d'Henri II
Louise de Lorraine-Vaudémont (1553-1601), épouse de Henri III
Marguerite de France Ire, première épouse d'Henri IV
Marie de Médicis, deuxième épouse d'Henri IV
Anne d'Autriche (1601-1666), épouse de Louis XIII
Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683), épouse de Louis XIV
Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV. Son cœur repose auprès de ses parents (Catherine Opalinska et Stanislas Leszczyński), en l'église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy
Marie-Antoinette d'Autriche, épouse de Louis XVI
Saint Louis refusa l'inhumation d'Ingeburge de Danemark. Isabelle de Hainaut, épouse de Philippe Auguste est inhumée à Notre-Dame de Paris.





Gisants de personnalités inhumées à Saint-Denis (Bertrand Du Guesclin, Charles VI, Isabeau de Baviere, Louis de Sancerre, Charles V le Sage, Jeanne de Bourbon)




La nef avec ses vitraux modernes
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Juliette Capulet

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