Le château de Beynac (Beynac-et-Cazenac, Dordogne)

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Le château de Beynac (Beynac-et-Cazenac, Dordogne)

Message par a-little-bit-dramatic le Mar 11 Jan - 21:13

Le château médiéval de Beynac




Le château, vu depuis le village, en contre-bas


Le château du Beynac se trouve sur la commune de Beynac-et-Cazenac, en Dordogne et, plus précisément, dans le Périgord Noir. C'est l'un des châteaux les mieux conservés et l'un des plus célèbres de la région. Il est classé par les Monuments historiques depuis le 11 Février 1944.
C'est une construction médiévale, d'allure austère, perchée sur le haut d'une falaise calcaire dominant le bourg, sur la rive droite de la Dordogne. Le château présente la forme d'un quadrilatère irrégulier, prolongé au sud par un bastion en éperon. Le donjon, d'aspect sévère est garni du créneaux et date du XIIIème siècle. Protégé du côté du plateau par une double enceinte, le château surplombe la Dordogne de 150 mètres.

Vue du château depuis le plateau (photo personnelle)
*L'histoire du château
On a une trace du château fort dès le XIIème siècle. Il aurait été érigé sous l'impulsion du premier baron de Beynac, Maynard. Il est construit par les barons de Beynac pour verrouiller la vallée. L'à-pic étant suffisant pour décourager toute escalade du côté de la vallée, les défenses s'accumulèrent de fait côté plateau : les barons y firent construire une double enceinte crénelée et double douve, dont l'une approfondissait un ravelin naturel, ainsi qu'une double barbacane.
En 1194, Adhémar de Beynac, qui revient des croisades (ses armes sont encore visibles au château), meurt sans descendance et Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, attribue la forteresse à son lieutenant Marchadier. Ce dernier est assassiné l'année suivante et le château de Beynac revient donc dans le giron de la famille originelle. Mais, dès 1214, c'est Simon de Montfort, soldat français, alors en pleine croisade contre les Albigeois (contre les cathares), qui le prend et le rase. Le seigneur de Beynac garde néanmoins la jouissance de son fief et le fait reconstruire. Suite au traité de Paris (1259), saint Louis concède le comté de Périgord à Henri III, si bien que Beynac devient anglais. Mais ce traité est rompu lorsque Philippe de Valois monte sur le trône en 1328. Il confisque en effet à la couronne anglaise la Guyenne (et donc, Beynac), qui reviendra (toujours avec Beynac) plus tard aux Anglais grâce au traite de Brétigny de 1360. Ce n'est qu'en 1368 que le château revient, et cela, définitivement, à la France.
La position de Beynac le vouait à d'inévitables convoitises. En effet, il se trouve à la frontière des possessions de rois rivaux et fait figure, avec Marqeyssac, de poste avançé, face à Castelanduet Fayrac, qui se surveillent les uns les autres. A un niveau local, les conflits franco-anglais se concrétisent dans des affrontements presque permanents entre Castelnaud et Beynac, les deux rivaux, placés chacun d'un côté de la rivière. Leurs seigneurs respectifs sont eux-mêmes en concurrence et cherchent à affirmer leur propre sur puissance sur le Périgord.
En 1442, c'est finalement Pons de Beynac, baron de Beynac, qui l'emporte et, avec la bienveillance de Charles VII, il prend le château de Castelnaud et en chasse les Anglais. Beynac devient alors l'une des quatre baronnies du comté. Mais, entre les difficultés qu'éprouvent les barons à gouverner leur région et les guerres de religion (Beynac se rangera au côté des huguenots), le déclin est proche. Néanmoins, en 1620, Beynac est érigé en marquise par Louis XIII. En 1753, la forteresse échoue aux filles de la famille et passe donc, par mariage, à la famille des Beaumont, qui l'abandonne peu à peu.
Le château est construit par les barons de Beynac pour verrouiller la vallée. L'à-pic étant suffisant pour décourager toute escalade du côté de la vallée, les défenses s'accumulèrent de fait côté plateau : les barons y firent construire une double enceinte crénelée et double douve, dont l'une approfondissait un ravelin naturel, ainsi qu'une double barbacane. La partie la plus ancienne du château est le gros donjon carré, vertigineux, aux rares percements. Ce donjon est agrafé d'une bretèche et d'une échauguette et accosté d'une cage d'escalier à vis, mince comme un contrefort et terminé par un terrasse crénelée. Le logis, de la même époque, lui est juxtaposé : il a ensuite été retouché et agrandi aux XVIème et XVIIème siècle. Opposé à ce logis d'époque, on trouve un logis construit en partie au XVIème siècle, auquel sont accolés une cour et un escalier de plan carré desservant des appartements du XVIIème siècle. Les appartements ont conservés des boiseries et un plafond peint du XVIIème siècle. La salle des États conserve encore une cheminée Renaissance sculptée de bucranes. Cette salle donne sur un petit oratoire, revêtu au XVème siècle de fresques, dont une Pietà , un saint Christophe et une Cène, dans laquelle saint Martial est le maître hôtel. On peut aussi y voir de nombreuses et somptueuses tapisseries représentant des scènes de chasse et d'autres scènes de la vie des seigneurs de l'époque.
Lorsqu'éclate la guerre de Cent Ans, au XIVème siècle, la forteresse de Beynac est alors une des places fortes françaises. Le comté de Périgord servait alors de frontière entre les domaines anglais continentaux et le royaume de France. Non loin de là, juste de l'autre côté de la Dordogne, l'ancien château cathare de Castelnaud était alors aux mains des Anglais alors que Beynac ne leur céda jamais et resta français. Le comté fut le théâtre de nombreuses luttes d'influence, rivalités et parfois, combats entre partisans des Anglais et partisans des Français. Toutefois, les châteaux tombaient plus souvent par la ruse et l'intrigue que ar les assauts, car les armes nécessaires à la prise de tels châteaux-forts étaient extrêmement coûteuses. Seuls quelques grands et riches seigneurs et les plus grands rois, bien sûr, pouvaient se procurer de telles armes.
En 1962, le château est racheté par Lucien Grosso, qui le fera restaurer tout en essayant de préserver le plus possible son caractère médiéval. Aujourd'hui, la restauration se fait progressivement et permet d'admirer le château tel qu'il fut à ses débuts.
Plusieurs films ont été tournés à Beynac :
Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré, en 1993
La Fille de d'Artagnan de Bertrand Tavernier, en 1994
Les Visiteurs II (1998)
Jeanne d'Arc de Luc Besson, en 1999
Fanfan la Tulipe de Gérard Krawczyk, en 2003


Entrée du château de Beynac (photo personnelle)


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Juliette Capulet

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